Syndrome VEXAS
Vexas syndrome
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Vexas syndrome
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Définition
Syndrome Vexas
Nouvelle maladie autoinflammatoire découverte fin 2020.
Maladie rare.
Maladie génétique par mutation somatique (acquise) au cours de la vie
L’acronyme VEXAS correspond à : Vacuoles, Enzyme E1, liée à l'X, Autoinflammatoire, Somatique.
Épidémiologie
Syndrome Vexas
On estime à ce jour que le syndrome VEXAS touche un homme sur 4000 de plus de 50 ans.
La maladie est cosmopolite.
On dénombre au moins 220 cas en France à ce jour et le double probablement dans le Monde.
Les hommes sont majoritairement touchés (95%) car la mutation est sur un gène porté par le chromosome X.
Génétique
Syndrome Vexas
Le syndrome VEXAS est associée à des mutations somatiques du gène UBA1 (qui se trouve sur le chromosome X). UBA1 est la principale enzyme E1 qui a un rôle fondamental dans le fonctionnement des protéines cellulaires.
Clinique
Syndrome Vexas
Les patients, majoritairement des hommes de plus de 45 ans, présentent une altération de l’état général (fatigue, amaigrissement) avec des fièvres, une éruption des 4 membres et du tronc de type dermatose neutrophilique. Tous présentent sur la prise de sang une anémie avec des globules rouges de grande taille (macrocytose) et de l’inflammation dans le sang (élévation de la C réactive protéine).
Parmi les symptômes cliniques moins fréquents, on note des anomalies du poumon, des inflammations des cartilages des oreilles et du nez (chondrites), des anomalies ophtalmologiques (gonflement, rougeurs), des thromboses des membres (phlébites), des douleurs aux articulations et plus rarement des anomalies digestives et rénales.
Sur la prise de sang, on peut voir des diminutions des globules blancs et des plaquettes et une maladie hématologique appelée myélodysplasie.
Si l’on fait une ponction de moelle (myélogramme), on peut regarder au microscope les cellules de la moelle osseuse qui comportent habituellement des vacuoles ayant donné leur nom à la maladie.
Diagnostic
Syndrome Vexas
Le diagnostic est génétique, il repose sur une prise de sang mettant en évidence la mutation du gène UBA1, le plus souvent dans l’exon 3.
Évolution
Syndrome Vexas
Elle n’est pas totalement connue car la maladie est de description récente. Elle dépend de la présence ou non d’une maladie hématologique sévère associée et si le patient présente des infections sévères.
Traitement
Syndrome Vexas
Il n’est pas codifié à ce jour. La plupart des patients répondent aux corticoïdes, mais peuvent devenir résistants ou dépendants à ce traitement. D’autres traitements sont à l’essai comme les médicaments hématologiques (azacytidine) et les biothérapies (anti-interleukine 1, 6, anti JAK). Pour les patients jeunes avec un pronostic sévère lié à l’hémopathie, on peut proposer une greffe de moelle osseuse.

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NOUVEL article grand public sur le VEXAS!
Juin 2023
Syndrome Vexas
Le défi d’une nouvelle maladie insaisissable
Identifiée en 2020, cette pathologie atteint en particulier
les hommes de plus de 50 ans. Elle laisse, aprés la déclaration des premiers symptômes, une espérance de vie médiane d’environ dix ans. Pour le moment, la médecine avance à tâtons
Questions fréquemment posées
1. Qu'est-ce que le syndrome VEXAS ?
Le syndrome VEXAS est une maladie liée à une mutation du gène UBA1, découverte en 2020. Cette mutation est acquise au cours de la vie (on appelle cela une mutation somatique) et touche les cellules de la moelle osseuse. Elle entraîne des manifestations inflammatoires variées pouvant affecter la peau, les articulations, les poumons, et s'accompagne souvent d'anomalies sanguines.
2. Le syndrome VEXAS peut-il se transmettre à mes enfants ?
Non. Il s'agit d'une mutation acquise au cours de la vie, non héréditaire. Elle n'est pas présente à la naissance et ne se transmet pas aux enfants. Aucune forme pédiatrique n'a été décrite à ce jour.
3. Pourquoi cette maladie apparaît-elle à l'âge adulte ?
La mutation s'acquiert progressivement dans les cellules de la moelle osseuse. Une inflammation s'installe graduellement et il faut du temps pour qu'un seuil soit franchi et que des manifestations cliniques deviennent visibles. C'est pourquoi la maladie se manifeste généralement entre 60 et 70 ans, bien que quelques cas plus jeunes (23 ans) aient été décrits.
4. Quels sont les signes qui doivent alerter ?
Les signes les plus fréquents sont : • Une fatigue importante et une perte de poids • De la fièvre • Des éruptions cutanées épaisses (infiltrées) sur les bras, les jambes et le tronc • Une rougeur des oreilles (chondrite) ou de la racine du nez • Des douleurs articulaires et musculaires • Des difficultés respiratoires • Au niveau sanguin : une anémie avec de gros globules rouges (macrocytose) et une inflammation élevée (CRP augmentée)
5. Comment diagnostique-t-on le syndrome VEXAS ?
Le diagnostic repose principalement sur une prise de sang avec recherche de la mutation du gène UBA1. Si la suspicion est forte mais que la mutation n'est pas détectée, des techniques plus sensibles (on appelle cela le séquençage nouvelle génération) peuvent être utilisées. Dans certains cas, un myélogramme (prélèvement de moelle osseuse) peut être nécessaire pour confirmer le diagnostic et rechercher un syndrome myélodysplasique associé.
6. Qu'est-ce que l'hématopoïèse clonale ?
C'est la présence dans la moelle osseuse d'anomalies génétiques à des taux faibles (généralement moins de 5%), sans dysfonctionnement apparent du sang. Ces anomalies peuvent être associées à un risque accru de développer des maladies hématologiques ou le syndrome VEXAS. Dans le VEXAS, cette hématopoïèse clonale tend à s'étendre et à remplacer progressivement l'hématopoïèse normale.
7. Quelle est la différence entre un VEXAS et un cancer du sang ?
Le VEXAS n'est pas un cancer. C'est une maladie inflammatoire liée à une mutation qui donne un avantage de croissance à certaines cellules, mais sans les caractéristiques prolifératives des cancers. Le syndrome VEXAS peut-être associé à des pathologies "pré-cancéreuses" comme les syndromes myélodysplasiques, mais l'évolution vers un cancer est rare et la problématique principale reste liée aux conséquences inflammatoires.
8. Quels sont les traitements disponibles ?
Plusieurs options thérapeutiques existent : Corticothérapie (cortisone) : traitement anti-inflammatoire efficace mais avec effets secondaires importants nécessitant des précautions alimentaires et parfois des supplémentations (vitamine, calcium). Inhibiteurs de JAK - Ruxolitinib (Jakavi) : traitement oral pouvant être efficace sur plusieurs années. Effets secondaires : prise de poids, baisse de l'hémoglobine, nécessité de surveillance cutanée à long terme (risque de tumeurs cutanées bénignes). Tocilizumab : biothérapie ciblant l'inflammation, actuellement en cours d'évaluation dans des essais cliniques pour le VEXAS. Azacitidine (Vidaza) : traitement principal, efficace dans 50 à 66% des cas. Il peut prendre 6 à 12 mois pour agir. Quand il fonctionne, il provoque peu de rechutes et permet souvent de faire disparaître la mutation. Greffe de cellules souches : seul traitement potentiellement curatif, efficace à 100% quand elle réussit, mais réservée aux patients plus jeunes ou en échec des autres traitements en raison de sa toxicité. Traitements en développement : essais cliniques en cours, notamment avec le momelotinib (moins toxique sur les globules rouges que le Jakavi) et le pacritinib.
9. Combien de temps faut-il prendre le Vidaza ?
On ne sait pas encore s'il est possible d'arrêter le traitement après plusieurs années. L'expérience montre que la maladie finit généralement par revenir à l'arrêt, même si cela peut prendre du temps. Étant donné la bonne tolérance à long terme et l'efficacité du traitement, on essaie de ne pas l'arrêter quand il fonctionne bien. Cette question fait l'objet de recherches en cours.
10. Les prises de sang fréquentes aggravent-elles mon anémie ?
Non. Les prises de sang fréquentes n'aggravent pas l'anémie. Elles sont nécessaires pour le suivi et permettent d'adapter le traitement au bon moment.
11. Quel médecin doit assurer mon suivi ?
Le suivi est généralement centralisé par un médecin hospitalier (interniste ou hématologue) habitué aux biothérapies et au suivi des anomalies sanguines. Une collaboration étroite existe entre différents spécialistes (internistes, hématologues, dermatologues, rhumatologues). En France, une réunion de concertation pluridisciplinaire nationale a lieu toutes les deux semaines pour discuter des cas complexes.
12. Comment faire la différence entre une poussée de la maladie et une infection ?
C'est le rôle du médecin expert qui, en examinant le patient et en réalisant des examens biologiques, pourra faire la différence entre un événement infectieux intercurrent et une poussée de la maladie nécessitant un ajustement thérapeutique. Il est impossible de répondre à cette question sans consultation médicale.
13. Existe-t-il des facteurs déclenchants des poussées inflammatoires ?
À part les aspects thérapeutiques (réduction de la dose de cortisone, fin de cycle de chimiothérapie), aucun facteur environnemental ou alimentaire clairement déclenchant n'a été identifié pour le moment. Les infections peuvent parfois être des facteurs déclenchants, mais ce n'est pas systématique.
14. Peut-on avoir des atteintes neurologiques avec le VEXAS ?
Oui, des manifestations neurologiques ont été décrites mais elles restent très rares. Il n'existe pas de forme neurologique spécifique qui orienterait particulièrement vers le diagnostic de VEXAS.
15. Y a-t-il des recommandations alimentaires ou d'activité physique ?
Aucun traitement naturel n'a prouvé son efficacité dans le VEXAS. En revanche, il est recommandé de : • Adopter une alimentation anti-inflammatoire en évitant les aliments ultra-transformés • Maintenir un poids santé (la masse grasse est un tissu inflammatoire qui peut aggraver la maladie) • Pratiquer une activité physique régulière (marche quotidienne, activités douces) • Ne pas prendre de produits naturels sans en parler à votre médecin
16. Comment prévenir les infections ?
Le VEXAS prédispose à plus d'infections, y compris des infections opportunistes. Il est recommandé de : • Se faire vacciner contre la grippe, la COVID-19, le pneumocoque et le zona • Porter un masque dans les espaces clos et les transports publics • Avoir du gel hydroalcoolique sur soi • Maintenir à jour tous les vaccins selon un calendrier spécifique établi avec votre médecin
17. Quelle est l'espérance de vie avec un VEXAS ?
Bien que la mutation ait été identifiée en 2020, certains patients sont suivis depuis 15 à 30 ans avec des symptômes correspondant au VEXAS. L'évolution est très variable d'un patient à l'autre. La prise en charge précoce depuis la découverte de la maladie devrait améliorer la survie. Seule la greffe de cellules souches permet une guérison définitive ; les autres traitements contrôlent la maladie sans la guérir.
18. Existe-t-il des essais cliniques en cours ?
Oui, la recherche est très dynamique, tant sur le plan de la compréhension de la maladie que sur le plan thérapeutique. Des essais cliniques académiques sont en cours en 2026, notamment avec le momelotinib (moins toxique sur les globules rouges que le Jakavi). Un essai avec le pacritinib devrait reprendre bientôt. Les perspectives de traitements plus ciblés et efficaces sont attendues dans les 5 à 10 prochaines années.
19. Combien de patients sont atteints en France ?
La France dispose d'une des plus grandes cohortes au monde avec entre 300 et 400 cas diagnostiqués, grâce à une organisation en réseau très efficace entre internistes, hématologues et biologistes. Le diagnostic est très rapide en France.
20. Aucun médicament n'est officiellement enregistré pour le VEXAS ?
Effectivement, tous les traitements actuels sont utilisés hors autorisation de mise sur le marché (hors AMM). C'est pourquoi la recherche clinique et les essais thérapeutiques sont essentiels pour définir des standards de traitement et obtenir des autorisations officielles.
21. Pourquoi les médicaments ont-ils deux noms différents ?
Les médicaments ont un nom de molécule (le principe actif) et un nom commercial. Par exemple, le paracétamol est le nom de la molécule, tandis que Doliprane ou Dafalgan sont les noms commerciaux. C'est la même chose pour tous les médicaments du VEXAS.
22. Existe-t-il des études sur les causes possibles de cette mutation (exposition à des produits chimiques, radiations, etc.) ?
Non, contrairement à d'autres maladies du sang, aucun lien prouvé n'existe entre le VEXAS et des expositions à des toxines, au tabac ou aux radiations. Le principal facteur connu est l'âge, qui induit un stress dans la moelle osseuse et une inflammation chronique favorisant l'apparition de mutations. La maladie a été observée sur tous les continents, quel que soit le pays d'origine, l'alimentation ou le mode de vie, ce qui confirme l'absence de causes environnementales spécifiques identifiées.
23. Pourquoi les plaquettes peuvent augmenter et diminuer dans le VEXAS ?
La baisse des plaquettes fait partie des symptômes du VEXAS. Les oscillations sont fréquentes et naturelles, surtout quand la thrombopénie est modérée (par exemple, passer de 80 000 à 65 000 puis remonter à 80 000). Ces variations inquiètent souvent les patients mais sont habituelles dans les maladies du sang. L'évolution est difficile à prédire : les plaquettes peuvent se stabiliser, nécessiter des traitements spécifiques ou rester fluctuantes dans le temps.
24. Le VEXAS peut-il favoriser des réactions d'hypersensibilité à d'autres médicaments ?
Ce n'est pas prouvé. Il n'y a pas de données montrant que les traitements du VEXAS favorisent des réactions d'hypersensibilité inflammatoires à d'autres médicaments.
25. Peut-on faire une greffe de cellules souches à tout âge ?
Non. La greffe est limitée par l'âge physiologique et la capacité du corps à supporter cette procédure très toxique. Elle est réservée aux patients plus jeunes ou à ceux pour qui les autres traitements ont échoué, selon des critères d'éligibilité stricts évalués par les médecins.
26. Les globules blancs diminuent après chaque injection de Vidaza. Est-ce normal ? Y a-t-il des mesures nutritionnelles qui peuvent aider ?
Le Vidaza peut prendre plusieurs mois pour agir et la toxicité hématologique en début de traitement est possible. Il n'existe pas de mesures alimentaires spécifiques pour favoriser la récupération des globules blancs. C'est le temps et/ou l'ajustement de la posologie (réduction de dose ou espacement des cures) qui améliorent la tolérance. Les symptômes comme maux de tête, palpitations, malaises peuvent être liés à la maladie elle-même plutôt qu'au traitement et nécessitent d'être rapportés au médecin.



