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Journal : ACR Open Rheumatology

Premier auteur : Alexandre Belot

Pays de réalisation : France, Royaume-Uni — Revue Narrative Internationale

Auteur(s) CEREMAIA Tenon : Sophie Georgin-Lavialle

Référence complète de l’article : Belot A, Tusseau M, Cognard J, Georgin-Lavialle S, Boursier G, Hedrich CM. How (Ultra-)Rare Gene Variants Improve Our Understanding of More Common Autoimmune and Inflammatory Diseases. ACR Open Rheumatology. 2025;7(2):e70003.


Comment les variants génétiques rares et ultra-rares améliorent notre compréhension des maladies auto-immunes et inflammatoires plus fréquentes

5 points clés

  1. Des mutations rares dans un seul gène peuvent provoquer des formes particulières de lupus ou de syndrome de Behçet.

  2. L’étude de ces formes rares aide à comprendre les mécanismes immunitaires impliqués dans des maladies plus fréquentes.

  3. Dans le lupus monogénique, plusieurs anomalies génétiques perturbent l’élimination des débris cellulaires ou activent excessivement l’interféron, une molécule clé de l’inflammation.

  4. Dans le syndrome de Behçet, certaines variantes rares soulignent le rôle important de la voie NF-κB, impliquée dans l’activation du système immunitaire.

  5. Mieux connaître ces anomalies génétiques pourrait favoriser des traitements plus ciblés et une médecine plus personnalisée.


Introduction

Certaines maladies inflammatoires, comme le lupus systémique ou le syndrome de Behçet, sont le plus souvent complexes et liées à plusieurs facteurs génétiques et environnementaux. Mais chez un petit nombre de patients, une seule anomalie génétique rare peut jouer un rôle majeur. Cet article explique comment l’étude de ces formes rares permet de mieux comprendre les formes plus fréquentes de ces maladies.


Méthodes

Il s’agit d’une revue narrative. Les auteurs résument les connaissances actuelles sur les variants génétiques rares ou ultra-rares impliqués dans des formes monogéniques de lupus et de syndrome de Behçet, en mettant l’accent sur les mécanismes biologiques et les conséquences pour la recherche et les soins.


Résultats

Dans le lupus, plusieurs anomalies génétiques rares ont permis d’identifier des mécanismes importants : défaut d’élimination des débris cellulaires, anomalies du complément, mauvaise régulation de l’ADN ou de l’ARN, excès d’interféron de type I, activation excessive de certaines voies immunitaires comme TLR ou JAK/STAT, et perte de tolérance du système immunitaire. Dans le syndrome de Behçet, des variants rares de gènes comme TNFAIP3, RELA ou NFKB1 ont mis en évidence le rôle central d’une autre voie inflammatoire, appelée NF-κB. D’autres anomalies plus rares confirment la diversité des mécanismes possibles.


Discussion

L’article montre que des maladies qui se ressemblent en clinique peuvent en réalité avoir des causes biologiques différentes. Cela aide à mieux classer les patients, à expliquer certaines formes précoces, sévères ou atypiques, et à repérer des cibles thérapeutiques plus précises. En pratique, la génétique peut être particulièrement utile chez les patients jeunes, avec des formes inhabituelles ou familiales.


Conclusion

L’étude des variants rares ne concerne pas seulement des cas exceptionnels : elle améliore aussi la compréhension des maladies inflammatoires plus courantes. À terme, cette approche pourrait faciliter un diagnostic plus précis et des traitements mieux adaptés à chaque patient.


 
 
 

Journal : Seminars in Arthritis and Rheumatism

Premier auteur : Binta Savadogo

Pays de réalisation : France — revue systématique internationale de la littérature

Auteur(s) CEREMAIA Tenon : Sophie Georgin-Lavialle

Référence : Savadogo B, Fahed H, Sellam J, Georgin-Lavialle S, Fautrel B, Mitrovic S. AA amyloidosis in inflammatory joint diseases: A systematic review. Seminars in Arthritis and Rheumatism. 2025;74:152762.


Amylose AA dans les rhumatismes inflammatoires : revue systématique

5 points clés

  1. L’amylose AA peut survenir lorsque l’inflammation reste élevée pendant longtemps dans certaines maladies articulaires inflammatoires.

  2. Les reins sont souvent les organes les plus touchés, ce qui peut entraîner une perte de protéines dans les urines et une baisse de la fonction rénale.

  3. La revue suggère que la fréquence de l’amylose AA semble avoir diminué dans certaines maladies depuis l’arrivée des traitements plus efficaces.

  4. Les traitements qui contrôlent bien l’inflammation, notamment les biothérapies, peuvent améliorer certains marqueurs comme la protéine SAA et la fonction rénale.

  5. Les auteurs soulignent le manque de données récentes et la nécessité de mieux mesurer le poids actuel de cette complication.


Introduction

L’amylose AA est une complication de l’inflammation chronique. Elle correspond au dépôt anormal d’une protéine appelée amyloïde dans certains organes, en particulier les reins, mais aussi parfois le tube digestif, le foie ou le cœur. Elle peut compliquer des rhumatismes inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde, les spondyloarthrites, le rhumatisme psoriasique ou l’arthrite juvénile idiopathique. Comme les traitements anti-inflammatoires modernes ont beaucoup progressé, les auteurs ont voulu savoir si cette complication était devenue moins fréquente.


Méthodes

Les auteurs ont réalisé une revue systématique de la littérature. Ils ont recherché, dans plusieurs bases de données médicales jusqu’en octobre 2024, les études décrivant des patients ayant une amylose AA confirmée par biopsie dans le contexte d’une maladie articulaire inflammatoire. Les études retenues devaient inclure au moins 10 patients et apporter des informations sur la fréquence, la mortalité ou l’évolution sous traitement.


Résultats

Au total, 33 études ont été incluses, représentant près de 14 000 patients atteints de rhumatismes inflammatoires. Les données étaient très hétérogènes et la plupart des études étaient anciennes, publiées avant 2010. Dans la polyarthrite rhumatoïde, la fréquence de l’amylose AA rapportée allait de 16,7 % à 25,2 % avant 2010, puis semblait diminuer à 0,7 % après 2010. Dans la spondylarthrite ankylosante, les fréquences rapportées étaient de 6,1 % à 8,5 % avant 2010, puis de 1,1 % à 1,3 % après 2010. Les traitements immunomodulateurs, en particulier les biothérapies, semblaient améliorer certains marqueurs de l’amylose AA.


Discussion

Ces résultats suggèrent que le meilleur contrôle de l’inflammation pourrait réduire le risque d’amylose AA ou améliorer son évolution. Cependant, les auteurs restent prudents, car les études disponibles sont anciennes, très différentes entre elles et ne permettent pas de conclure avec certitude. L’article rappelle aussi l’importance de surveiller l’inflammation chronique et la fonction rénale chez les patients atteints de rhumatismes inflammatoires.


Conclusion

L’amylose AA semble aujourd’hui moins fréquente qu’autrefois dans certaines maladies articulaires inflammatoires, probablement grâce aux traitements plus efficaces. Des études récentes, plus larges et mieux standardisées sont nécessaires pour mieux connaître le risque actuel et améliorer la prévention.


 
 
 

Premier auteur : Rim Bourguiba

Pays de réalisation : France et Tunisie

Auteur(s) CEREMAIA Tenon : Marion Delplanque, Catherine Grandpeix-Guyodo, Léa Savey, Sophie Georgin-Lavialle

Journal : Clinics and Research in Hepatology and Gastroenterology

Référence : Bourguiba R, Delplanque M, Grandpeix-Guyodo C, Boursier G, Savey L, Cuisset L, Georgin-Lavialle S. When to suspect monogenic autoinflammatory diseases in patients with digestive symptoms? Clinics and Research in Hepatology and Gastroenterology. 2026;50:102820.

DOI : https://doi.org/10.1016/j.clinre.2026.102820


Quand suspecter une maladie auto-inflammatoire monogénique devant des symptômes digestifs ?

5 points clés

  • Certaines maladies auto-inflammatoires rares peuvent provoquer des douleurs abdominales, des diarrhées, une inflammation digestive ou mimer une maladie inflammatoire chronique de l’intestin.

  • La fièvre méditerranéenne familiale est la maladie auto-inflammatoire monogénique la plus fréquente et doit être évoquée en cas de douleurs abdominales inflammatoires répétées, surtout chez les personnes d’origine méditerranéenne.

  • Des signes associés comme fièvre récurrente, aphtes, éruptions cutanées, douleurs articulaires, anémie macrocytaire ou antécédents familiaux doivent faire rechercher une cause auto-inflammatoire.

  • Le diagnostic repose sur l’analyse clinique, les marqueurs d’inflammation, parfois le dosage de l’IL-18, et les tests génétiques adaptés.

  • Un diagnostic plus précoce permet d’éviter les errances diagnostiques, d’adapter les traitements et de prévenir certaines complications comme l’amylose AA.


Introduction:

Les maladies auto-inflammatoires systémiques sont des maladies rares liées à un dérèglement de l’immunité innée, c’est-à-dire la première ligne de défense de l’organisme. Elles peuvent provoquer des poussées d’inflammation avec fièvre, douleurs, atteintes de la peau, des articulations ou du tube digestif. Chez certains patients, les symptômes digestifs sont au premier plan et peuvent faire penser à une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, comme la maladie de Crohn.


Méthodes:

Cet article est une revue narrative de la littérature. Les auteurs présentent les principales maladies auto-inflammatoires monogéniques pouvant donner des symptômes digestifs et proposent des situations dans lesquelles les gastroentérologues doivent y penser.


Résultats:

Plusieurs maladies peuvent entraîner des douleurs abdominales, de la diarrhée, une colite, des ulcérations digestives ou une inflammation ressemblant à une maladie de Crohn. La fièvre méditerranéenne familiale est la plus fréquente, notamment chez les personnes d’origine méditerranéenne. D’autres maladies sont décrites, comme TRAPS, le déficit en mévalonate kinase, les cryopyrinopathies, le syndrome VEXAS, l’haploinsuffisance de A20, les maladies liées à RIPK1, RELA, NFKB1, JAK1, STAT, PSTPIP1, ADA2, LACC1, XIAP ou PLCG2. Certains signes doivent alerter : fièvre répétée, inflammation biologique inexpliquée, aphtes, éruptions cutanées, douleurs articulaires, antécédents familiaux, origine méditerranéenne, anémie macrocytaire ou résistance aux traitements habituels des maladies digestives inflammatoires.


Discussion

L’article insiste sur l’importance de ne pas attribuer trop vite tous les symptômes à une maladie digestive classique. Une maladie auto-inflammatoire peut mimer une maladie inflammatoire de l’intestin, y être associée, ou être révélée par des signes digestifs inhabituels. Les examens utiles peuvent inclure les marqueurs d’inflammation, l’endoscopie, certains biomarqueurs comme l’IL-18, et surtout des analyses génétiques adaptées, discutées avec des centres experts.


Conclusion

Devant des symptômes digestifs inflammatoires inexpliqués, récidivants ou résistants aux traitements habituels, il faut penser aux maladies auto-inflammatoires rares. Un diagnostic précoce permet une prise en charge plus adaptée, souvent avec des traitements ciblant l’inflammation, et peut prévenir des complications comme l’amylose AA.


 
 
 
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