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Titre en anglais : Novel Insights into the Clinical Features, Genetic Spectrum and Clonal Evolution of Patients Carrying NLRP3 Mosaicism

Résumé par le Dr Yixiang Yves-Jean Zhu

Premier auteur: Bonet N.

Revue : Journal of Clinical Immunology

Reference: J Clin Immunol. 2025 Sep 30;45(1):134. doi: 10.1007/s10875-025-01922-x


CAPS : mieux comprendre une maladie inflammatoire rare liée à une mutation partielle du gène NLRP3

Introduction:

Le syndrome périodique associé à la cryopyrine (CAPS) est une maladie auto-inflammatoire monogénique rare associée à des variants gain de fonction du gène NLRP3, entraînant une activation constitutive de l’inflammasome correspondant et une production excessive d’IL-1β. Les manifestations classiques associent une éruption pseudo-urticarienne, des arthralgies, une fièvre récurrente, une atteinte neurologique et une surdité neurosensorielle dans un contexte d’inflammation biologique (CRP élevée). Dans le continuum phénotypique du CAPS, la forme Neonatal Onset Multisystem Inflammatory Disease (NOMID) se distingue par sa particulière sévérité. Le traitement à ce jour repose sur l’administration d’agents bloqueurs de l’IL-1β, et des traitements bloquant spécifiquement l’inflammasome NLRP3 comme le MCC950 sont à l’étude. La transmission est habituellement autosomique dominante, mais certains cas résultent de mutations post-zygotiques à l’origine d’un mosaïcisme, phénomène encore peu documenté. Cette étude rétrospective espagnole rapporte la plus grande cohorte à ce jour de patients atteints de CAPS liés à un mosaïcisme, avec analyse clinique, génétique et fonctionnelle de 17 patients.


Résultats principaux:

  • Caractéristiques cliniques : Dix-sept individus (7 hommes, 10 femmes) ont été inclus ; 4 présentaient un phénotype NOMID, 14 un phénotype de CAPS autre que NOMID et une personne était asymptomatique. L’âge moyen de début était de 26 ans (allant de 0,1 à 76 ans), avec deux groupes de patient : un groupe à début précoce (< 5 ans) concernant 6 patients et un groupe à début tardif (> 45 ans) concernant 6 patients. Les manifestations les plus fréquentes étaient une éruption pseudo-urticarienne (100 %), des arthralgies (87 %), des fièvres récurrentes (75 %), une arthrite (68 %) et des céphalées (56 %).

  • Réponse au traitement : Tous les patients symptomatiques avaient reçu un inhibiteur de l’IL-1 : anakinra (14 patients) ou canakinumab (2 patients). Une réponse complète avec normalisation de la CRP et amélioration clinique a été observée chez 94 % des patients. Un seul cas de réponse partielle sous anakinra a été contrôlé après passage au canakinumab.

  • Données génétiques et fonctionnelles : Seize variants différents de NLRP3 ont été identifiés, tous localisés dans l’exon 4, avec une fréquence allélique variant de 1,3 % à 34,8 %.Les études in vitro ont confirmé l’hyperactivation de l’inflammasome, sensible à l’inhibiteur spécifique de NLRP3 MCC950, sauf pour le variant D303H, partiellement résistant.

  • Évolution clonale : le suivi longitudinal a montré une stabilité de la fréquence allélique dans 54 % des cas ; une augmentation dans 23 % (principalement chez les patients > 50 ans, évoquant la possibilité d’une hématopoïèse clonale associée portant le variant pathogène de NLRP3) ; et une diminution dans 23 %, pouvant refléter une « fatigue » du clone muté.

  • Distribution du mosaïcisme : 64% des patients ont un mosaïcisme concernant au moins les cellules myéloïdes et lymphoïdes et 36% des patients ont un mosaïcisme restreint aux cellules myéloïdes. Aucune différence clinique notable n’a été observée entre ces deux profils de mosaïcisme.

Message pratique:

Cette étude, la plus large à ce jour sur le CAPS mosaïque, montre que :

  • Le tableau clinique et la réponse au traitement sont comparables à ceux des CAPS germinaux, et les études fonctionnelles montrent un profil d’activation similaire également.

  • Le mosaïcisme peut rester stable ou fluctuer dans le temps, l’intérêt de sa surveillance pour le suivi reste à démontrer.

  • Il peut être limité aux cellules myéloïdes, suggérant un variant acquis plus tardivement, mais sans que cela n’impacte les caractéristiques cliniques.


L’hypothèse de CAPS ne doit pas être éliminé en cas de phénotype compatible sur la base de l’absence d’antécédents familiaux similaires. La recherche de Mosaïcisme NLRP3 est essentielle chez tout adulte présentant un tableau évocateur de CAPS, ces patients bénéficiant également d’une excellente réponse aux inhibiteurs de l’IL-1. La détection du mosaïcisme étant plus sensible le séquençage à haut débit, cette technique doit être privilégiée en cas de suspicion de CAPS. Elle devra comporter une profondeur de lecture suffisante pour détecter des mosaïcismes à faible fréquence allélique.


 
 
 

Dernière mise à jour : 18 mars 2025

Premier auteur: M. DELPLANQUE et al,

Revue: European Journal of Internal Medicine

Pièges diagnostiques chez les patients atteints d'une mutation acquise de NLRP3 (CAPS)

Résumé:

L’article met en lumière les défis diagnostiques des syndromes périodiques associés à la cryopyrine (CAPS), causés par des mutations du gène NLRP3. Ces maladies autoinflammatoires incluent trois formes principales : l’urticaire familiale au froid (FCAS), le syndrome de Muckle-Wells (MWS) et le syndrome CINCA (Chronic Infantile Neurological Cutaneous and Articular).

L’étude présente deux cas de patients atteints de CAPS avec des mutations somatiques acquises de NLRP3, illustrant la difficulté de diagnostic en raison de phénotypes atypiques :

  • Patient 1 (P1) : Femme de 46 ans présentant des symptômes neuro-inflammatoires (céphalées persistantes, méningite aseptique, perte auditive), initialement mal diagnostiquée. Une mutation somatique M406I a été identifiée après 10 ans d’errance diagnostique, expliquant sa symptomatologie atypique. Un traitement par anti-IL-1 a radicalement amélioré son état.

  • Patient 2 (P2) : Homme atteint dès l’enfance d’un syndrome CINCA sévère avec urticaire, arthrite et retard de croissance. Son diagnostic génétique a été difficile, la mutation M406V n’ayant été détectée qu’à l’âge de 15 ans, grâce à une approche de séquençage approfondi.

Les auteurs soulignent que les mutations somatiques dans le domaine NACHT du gène NLRP3 activent de manière constitutive l’inflammasome, entraînant une surproduction d’IL-1β et une inflammation chronique sévère. L’étude met en évidence l’importance du séquençage génétique avancé pour identifier ces mutations, particulièrement dans les cas atypiques.

Conclusion

L’identification des mutations somatiques dans NLRP3 est essentielle pour éviter les erreurs diagnostiques et proposer un traitement efficace. L’errance diagnostique peut être longue en l’absence de signes cliniques classiques (comme l’urticaire), et le séquençage de nouvelle génération est indispensable pour détecter des mosaïcismes à faible pourcentage.



 
 
 

Premier auteur: Camille Cosson et al

Lien vers l'article: DOI: 10.1084/jem.20231200


Les maladies auto-inflammatoires associées à NLRP3

Résumé:


Les maladies auto-inflammatoires associées à NLRP3 constituent un groupe hétérogène d’affections monogéniques causées par des mutations gain-de-fonction de NLRP3 associés à l’auto-inflammation CAPS. La caractérisation fonctionnelle insuffisante de la plupart des variants de NLRP3 complique le diagnostic, malgré l’efficacité des traitements anti-IL-1. De plus, bien que NLRP3 soit régulé par des signaux de primage et d'activation, les mutations gain-de-fonction n'ont été étudiées qu’en réponse au primage.


Dans cette étude, nous caractérisons 34 variants de NLRP3 in vitro, en évaluant leur activité après induction, primage et/ou activation, ainsi que leur sensibilité à quatre inhibiteurs. Nous mettons en évidence la diversité fonctionnelle des mutants gain-de-fonction et décrivons quatre groupes selon les signaux régulant leur activation, avec une corrélation partielle avec la sévérité des symptômes.


Nous identifions un nouveau groupe de mutants NLRP3 activés uniquement par le signal d’activation, sans nécessité de primage, ce qui est fréquemment associé à des erreurs diagnostiques. Nos résultats révèlent des résidus clés de NLRP3 impliqués dans le contrôle de l'activité de l’inflammasome et la sensibilité aux inhibiteurs, ainsi que des mécanismes antagonistes ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.


Ces découvertes apportent un éclairage inédit sur l’activation de NLRP3, proposent un mécanisme explicatif de l’hétérogénéité des maladies auto-inflammatoires associées à NLRP3 (NLRP3-AID), et offrent de nouvelles perspectives diagnostiques et thérapeutiques.




 
 
 
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