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Titre de l'article: Etude du rapport entre la sévérité de la fièvre méditerranéenne familiale et le suivi d’un régime méditerranéen

Premier auteur: R. Hammoud

Revue: Pediatric Rheumatology

Auteur du résumé: Dr Catherine Grandpeix-Guyodo


Etude du rapport entre la sévérité de la fièvre méditerranéenne familiale et le suivi d’un régime méditerranéen

Introduction :

La Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF) est la maladie auto-inflammatoire la plus fréquente au monde. Elle est associée à des variants pathogènes classiquement dans l’exon 10 du gène MEFV. L’expressivité variable de cette pathologie est associée au type de variant de MEFV (M694V particulièrement) mais des facteurs épigénétiques et environnementaux interviennent probablement aussi. Des études avaient suggéré que la nourriture riche en graisse et en sel pouvait favoriser les symptômes de FMF alors qu’une alimentation riche en anti-oxydants et vitamines améliorerait l’inflammation et la qualité de vie. Le régime méditerranéen qui est recommandé dans la prévention d’autres pathologies pourrait ainsi être intéressant dans la FMF.


Cette étude visait à explorer la relation entre l’adhésion au régime méditerranéen (RM) et la sévérité de la Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF) dans une cohorte libanaise. Elle prenait également en compte l’influence du contexte génétique, du mode de vie et des comorbidités sur la sévérité de la FMF.


Patients et méthodes:

Il s’agissait d’une étude transversale basée sur un questionnaire, menée auprès de 101 patients atteints de FMF confirmée, au Liban, entre janvier 2023 et janvier 2024.Les patients devaient avoir entre 18-65 ans et être atteints de FMF. Les informations ont été collectées à l’aide d’un questionnaire structuré portant sur les données démographiques, le statut socio-économique, les manifestations de la maladie, les comorbidités, les traitements et les habitudes de vie. Le questionnaire a été testé au préalable et proposé en arabe ou en anglais.


La sévérité de la FMF, l’adhérence au régime méditerranéen et l’activité physique étaient évalués par des scores.


Résultats: 101 patients dont 58% de femmes ont été étudiés avec un âge moyen de 35,7 ans, et 55% de patients fumeurs. Aucune différence socio-démographique significative n’était observée en fonction des différents niveaux de suivi du régime méditerranéen.


Le génotype n’était disponible que pour 51/101 patients dont 17,6 % d’homozygotes M694V, 64,6% d’homozygotes autres et hétérozygotes composites.


L’étude du régime alimentaires des patients montrait un suivi faible dans 34%, moyen dans 48% et bon dans 19%. La consommation de poissons, fruits et légumes étaient en dessous des recommandations d’une manière générale, alors que les consommations de céréales, pâtisseries et viandes rouges étaient trop importantes.


La seule différence significative observée en fonction du suivi du régime méditerranéen était la diarrhée qui était rapportée presque 2 fois plus souvent lorsque le régime était peu suivi. Les autres symptômes, la fréquence des crises et la sévérité de la FMF n’étaient pas significativement différents.


L’obésité, la présence de comorbidités (rhumatologiques, MICI, cardio-vasculaires) étaient significativement associées aux formes plus sévères de FMF.


Les patients atteints de FMF sévère avaient une durée de tabagisme plus longue et consommaient davantage de cigarettes par jour. Une activité physique élevée était plus fréquente dans les formes sévères (73 %), tandis qu’une activité modérée prédominait dans les formes légères (82 %) et intermédiaires (88 %).


**Discussion** :


Il est noté un effet potentiellement bénéfique du régime méditerranéen sur le tube digestif puisqu’il y a moins de diarrhée chez les patients suivant ce régime. Ceci correspond aux effets attendus sur la muqueuse digestive, le microbiote et la diminution de sécrétion d’interleukines pro-inflammatoires.


On ne note cependant pas d’association significative entre la sévérité de la FMF et le suivi du régime méditerranéen.


Le lien entre les formes plus sévères de FMF et l’activité physique intense est à prendre en compte : il convient de recommander une activité physique adaptée pour ne pas créer un stress mécanique qui pourrait générer des poussées.


Les limites de cette étude sont la taille de la cohorte et le caractère particulier de cette cohorte avec en moyenne un suivi plus faible du régime méditerranéen que celui attendu.


En conclusion


Cette étude, la première menée au Liban sur ce sujet, ne met pas en évidence d’association directe entre l’adhésion au régime méditerranéen et la sévérité de la FMF, mais suggère un effet protecteur potentiel du régime méditerranéen vis-à-vis de la diarrhée liée à la FMF. Elle souligne la forte prévalence d’une faible adhésion à ce régime et le non-respect des recommandations nutritionnelles pour la plupart de ses composantes. Le caractère multifactoriel de la FMF plaide pour une prise en charge globale intégrant des stratégies diététiques et de mode de vie ciblées en complément des traitements, avec une approche de nutrition personnalisée et d’interventions comportementales visant à améliorer le pronostic et la qualité de vie des patients.

 
 
 

Auteur: Di Cola et al.

Ref : Di Cola et al, Arthritis Res Ther. 2025 Mar 19;27(1):59.


La dose quotidienne nécessaire de colchicine chez les patients atteints de Fièvre Méditerranéenne Familiale pourrait être plus élevée chez les femmes

Résumé:


À ce jour, aucune donnée n’existe sur la relation entre la posologie quotidienne de colchicine et le poids chez les patients atteints de Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF). Cette question nous est fréquemment posée par des patients ou leurs parents en consultation. L’objectif de notre travail était de décrire la posologie quotidienne de colchicine dans une cohorte de patients atteints de FMF.

Nous avons mené une analyse rétrospective de 2016 à 2023 sur des patients adultes avec une FMF suivis prospectivement au Centre National de Référence français des maladies auto-inflammatoires à l’hôpital Tenon.


Sur 272 patients étudiés, 149 étaient des femmes (57,8 %), avec un âge moyen de 43 ans. Le poids moyen était de 67,8 kg et l’IMC moyen de 24,2 kg/m². La colchicine était prise par 96 % des patients. Un sous-groupe de 30 patients recevait 2,5 mg/jour de colchicine : majoritairement des femmes (n=23 ; 76,7 % ; p=0,018), avec un poids moyen plus faible (p=0,019) ; en effet, 26/30 (87 %) pesaient moins de 50 kg. Le sexe féminin était associé à une dose quotidienne plus élevée de colchicine (p=0,0208), tandis qu’aucune corrélation significative n’était retrouvée avec le poids (p=0,4073).

Aucun signe de toxicité n’a été observé chez les patients recevant 2,5 mg/jour de colchicine, y compris chez ceux pesant <50 kg, la majorité étant des femmes.

On peut émettre l’hypothèse que ce besoin accru en colchicine chez certaines femmes pourrait être lié à des facteurs hormonaux, avec une possible hyperactivation de la pyrine.


Il s’agit de la première étude examinant le lien entre le poids et la posologie de la colchicine chez l’adulte atteint de FMF, et mettant en évidence un lien potentiel avec le sexe féminin.


Ce travail permet de rassurer les patients chez qui nous prescrivons la colchicine à 2.5 mg/j : il n’y a pas de toxicité à cette dose en l’absence d’insuffisance rénale.




 
 
 
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