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Titre de l'article: Utilisation des antagonistes de l’interleukine-1 chez les hommes atteints de fièvre méditerranéenne familiale et d’infertilité : Série de cas.

Premier auteur : Bugra Egeli

Revue: Archives of rheumatology

Résumé Par: Dr. Catherine Grandpeix-Guyodo


Anti-IL-1 et infertilité masculine au cours de la FMF : deux cas réversibles

Introduction :

Le traitement principal de la fièvre méditerranéenne familiale (FMF) est la colchicine. Les inhibiteurs de l’interleukine-1 (IL-1) sont utilisés en cas de résistance à la colchicine dans la FMF.

Des troubles de la fertilité avec azoospermie ou oligospermie ont été décrits au cours de la FMF ; la responsabilité est souvent attribuée à la colchicine mais pourrait être liée à l’inflammation chronique induite par la FMF.

Patients et méthodes : Cet article rapporte les cas de 2 hommes suivis pour une FMF et souffrant d’infertilité qui ont réussi à concevoir des embryons in vitro après arrêt de la colchicine et mise en route d’un traitement par inhibiteurs de l’IL-1.

Résultats :

Cas N°1 : Un homme de 38 ans atteint de FMF, avec mutation M69V homozygote de MEFV, traité par 2 mg de colchicine/j était en échec de procréation depuis 15 ans malgré 5 FIV et l’arrêt de la colchicine après les 2 premières FIV. L’analyse de sperme était macroscopiquement normale, avec un nombre de spermatozoïdes normal mais une mobilité diminuée. Un traitement par anakinra (IL-1 RA) a été débuté permettant d’obtenir une analyse de sperme satisfaisante après 4 mois et l’obtention de 2 embryons génétiquement normaux compatibles avec un transfert.


Cas N°2 : Un homme de 33 ans souffrant de FMF, avec une mutation hétérozygote M694V de MEFV, traité par colchicine depuis 14 ans, présentait une infertilité avec azoospermie. L’échec d’une 1ère FIV sous colchicine a motivé son arrêt et la prescription de Canakinumab. Les spermogrammes successifs ont montré une amélioration progressive de la mobilité des spermatozoïdes qui a permis lors de la 5ème FIV, la conception d’un enfant.

Discussion :

Ces deux cas montrent une réversibilité de l’infertilité sous inhibiteurs de l’IL-1 au cours de la FMF chez 2 hommes : L’introduction d’ anti-IL1 à la place de la colchicine a permis l’amélioration de la qualité du sperme dans les 2 cas.

La résistance à la colchicine est suggérée comme facteur prédictif d’infertilité chez les patients FMF, laissant penser qu’un meilleur contrôle de l’inflammation puisse l’améliorer.

Conclusion :

L’infertilité chez les hommes atteints de FMF pourrait être réversible et les anti-IL1 pourraient devenir le traitement de choix chez les hommes FMF ayant des troubles de la fertilité.

 
 
 

Titre de l'article: Une dose unique d’anakinra pour interrompre les crises de Fièvre Méditerranéenne Familiale : étude de preuve de concept chez l’adulte

Premier auteur: E. Giat

Revue: Clinical and Experimental Rheumatology

Auteur du résumé: Dr Catherine Grandpeix-Guyodo


La Méditerranée

Introduction :

La Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF) est la plus fréquente des maladies auto-inflammatoires monogéniques au Monde. Elle se manifeste par des crises récurrentes fébriles de sérites (péritonite, pleurésie, arthrite) et, à long terme, elle peut se compliquer d’amylose AA en cas d’inflammation chronique incontrôlée. La colchicine représente le traitement de fond standard, mais certains patients présentent une réponse incomplète ou une intolérance, conduisant à l’utilisation continue d’inhibiteurs de l’IL-1 (anakinra ou canakinumab). Toutefois, même sous traitement, des crises aiguës peuvent survenir, et leur prise en charge reste essentiellement symptomatique, avec une efficacité limitée des antalgiques et AINS.


Patients et Méthodes :

L’objectif de cette étude était d’évaluer de façon prospective l’efficacité d’une dose unique d’anakinra (100 mg SC) administrée dès le début de la crise pour en interrompre l’évolution. L’étude a inclus des patients ayant une FMF typique selon les critères de Tel Hashomer), avec une ou deux mutations pathogènes de MEFV, traités par colchicine et ayant présenté au moins deux crises avec sérite dans l’année précédente. Les patients ne devaient pas recevoir de traitement continu par anti-IL-1. Les crises atypiques ou les situations d’inflammation chroniques étaient exclues.

Une seringue préremplie d’anakinra a été fournie aux patients et une formation à l’auto-injection et à la reconnaissance précoce des symptômes a été réalisée. La durée des crises traitées a été comparée à la durée habituelle rapportée par chaque patient.


Résultats :

Trente-cinq patients ont accepté de participer à l’étude : cinq ont été exclus car inflammatoires en permanence ; quatre n’ont pas fait de crise pendant la période de l’étude, deux n’ont finalement pas utilisé le kineret pendant une crise et un a eu un effet indésirable et a souhaité arrêter. Au final, 23 patients ont été analysés dont 13 avec 2 mutations pathogènes de MEFV (donc considérés comme ayant une FMF « classique ») et 10 avec une seule mutation pathogène de MEFV (donc considérés comme ayant une FMF « hétérozygote). La durée moyenne des crises traitées a été de 8,3 ± 6,8 heures, contre 56,3 ± 16,8 heures en situation habituelle. Lorsque l’injection était réalisée dans les 4 premières heures du début de la crise, 85% des crises étaient interrompues dans les 4 heures suivant l’injection. Les injections plus tardives entraînaient une réduction moindre mais restaient significativement supérieures aux durées habituelles. 91% des crises traitées duraient moins de 24 heures au total. Un seul effet secondaire a été rapporté (réaction locale au point d’injection), soulignant la bonne tolérance de cette stratégie.

Six patients ont continué à utiliser de l’anakinra qu’ils ont acheté pour traiter 43 crises additionnelles, avec des résultats similaires, confirmant la reproductibilité et la faisabilité du traitement en situation réelle.


Discussion :

Les auteurs soulignent que cette approche ne constitue pas une alternative au traitement continu chez les patients résistants ou intolérants à la colchicine. Elle doit être envisagée comme un outil de « sauvetage », permettant de stopper rapidement des crises aiguës ponctuelles, réduire la douleur, éviter les consultations en urgence, éviter l’absentéisme et limiter l’impact sur la qualité de vie.


Conclusion :

Cette étude prospective démontre l’efficacité et la sécurité d’une injection unique et précoce d’anakinra pour abréger significativement les crises de FMF (classique ou hétérozygote) chez l’adulte. Une étude randomisée contrôlée est en cours pour confirmer ces résultats et définir la place optimale de cette stratégie dans l’arsenal thérapeutique.

 
 
 
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