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SSyndrome VEXAS : bilan des résultats de deux stratégies thérapeutiques majeures

Titre de l'article: Allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ou agent hypométhylant : résultats thérapeutques d’une cohorte multicentrique de syndrome VEXAS.

Premier auteur: Saubia Fathima

Revue: American Journal of Hematology, 2026

Auteur du résumé: Pr Sophie Georgin-Lavialle et Pr Olivier Kosmider


Points clés

  • Dans cette cohorte multicentrique de 66 patients atteints de syndrome VEXAS, l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques a été associée à une meilleure survie globale que l’utilisation d’agents hypométhylants.

  • L’allogreffe a permis une rémission moléculaire chez tous les patients évaluables contre 22 % sous agents hypométhylants.

  • Le sevrage cortisonique a été nettement plus fréquent après allogreffe que sous HMA.

  • Les agents hypométhylants, principalement l’azacitidine, gardent une activité chez certains patients mais au prix d’un taux élevé d’arrêt pour toxicité ou inefficacité.

  • Ces résultats confortent l’allogreffe comme stratégie potentiellement curative chez des patients sélectionnés.


Résumé

Le syndrome VEXAS est une maladie hématinflammatoire acquise liée à des mutations somatiques du gène UBA1, touchant principalement les hommes de plus de 50 ans. Il associe manifestations auto-inflammatoires systémiques, des cytopénies et parfois un syndrome myélodysplasique. La prise en charge reste difficile, avec une dépendance fréquente aux corticoïdes et une efficacité souvent limitée des traitements d’épargne cortisonique. Dans ce contexte, cette étude rétrospective multicentrique américaine a comparé les résultats de deux approches ciblant le clone pathologique : les agents hypométhylants et l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques.

Soixante-six patients atteints de VEXAS confirmé ont été inclus entre 2019 et 2025, dont 31 traités par allogreffe et 35 par agent hypométhylant (HMA), principalement par azacitidine. Les indications thérapeutiques étaient une inflammation glucocortico-réfractaire, une insuffisance médullaire progressive ou une hémopathie myéloïde associée, ou l’association de ces manifestations. Les deux groupes étaient globalement comparables sur le plan clinique et biologique, à l’exception d’un âge plus élevé dans le groupe HMA.


Après un suivi médian de 18 mois, 14 décès ont été observés, dont 3 dans le groupe allogreffe et 11 dans le groupe HMA. L’allogreffe était associée à une amélioration significative de la survie globale, avec une médiane de survie non atteinte contre 29,6 mois sous HMA, y compris après ajustement sur l’âge et les comorbidités. Cette supériorité persistait dans plusieurs analyses de sensibilité, renforçant la robustesse du signal observé malgré les limites méthodologiques inhérentes au caractère rétrospectif de l’étude.


Au-delà de la survie, l’allogreffe se distinguait par un bénéfice clinique et biologique majeur. Tous les patients évaluables obtenaient une rémission moléculaire, sans réapparition du clone UBA1 au dernier suivi. Le sevrage cortisonique était également beaucoup plus fréquent après allogreffe, avec un arrêt des corticoïdes chez 58 % des patients, contre seulement 6 % sous HMA. À l’inverse, les agents hypométhylants ont montré une activité réelle mais plus modeste, avec une rémission moléculaire chez 22 % des patients évaluables et un taux élevé d’arrêt de traitement. Près d’un patient sur deux interrompait en effet le traitement, principalement en raison d’infections, de cytopénies prolongées, d’une toxicité ou d’une absence de réponse.


Au total, ce travail nord-américain suggère que l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques représente aujourd’hui, comme attendu, l’option la plus efficace et potentiellement curative chez les patients atteints de VEXAS éligibles, notamment en cas de maladie sévère, de dépendance aux corticoïdes ou d’atteinte médullaire. Les agents hypométhylants conservent néanmoins une place chez les patients non immédiatement éligibles à la greffe, avec un possible rôle de traitement d’attente ou de passerelle vers la transplantation, mais leur bénéfice semble dans cette étude plus modeste et moins durable.

 
 
 
CEREMAIA Tenon

En 2025, avec l’équipe du centre de référence CEREMAIA (Tenon, AP‑HP / Sorbonne Université), au sein de la filière FAI2R et du réseau européen ERN RITA, nous avons beaucoup travaillé autour :

de la Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF) et les maladies liées à la pyrine,

du syndrome de VEXAS, prototype de maladie hématoinflammatoires,

de l’amylose AA et d’autres maladies auto‑inflammatoires plus rares.


🔬 FMF et pyrine

Nous avons participé à la mise à jour des recommandations internationales de la FMF EULAR/PReS qui intègrent les progrès récents sur la résistance à la colchicine et l’utilisation des biothérapies (publication dans Annals of the Rheumatic Diseases, 2025).

Plusieurs travaux issues de la cohorte adulte de notre centre de référence se sont intéressés aux aspects suivants: carence en fer, atteinte hépatique, la maladie après 65 ans, la dose quotidienne optimale de colchicine, ainsi que la perception du traitement par colchicine selon les patient·es et les prescripteurs.

Des travaux de biologie et de génétique sur les variants du gène MEFV et les maladies liées à la pyrine, mais aussi sur le rôle d’IL‑18 comme biomarqueur de suivi et comme signature spécifique des maladies impliquant l’inflammasome pyrine.


🧬 Syndrome VEXAS

En collaboration avec le groupe français sur le VEXAS et le club MINHEMON

des revues et recommandations internationales ont été établies afin de structurer le diagnostic et la prise en charge du syndrome de VEXAS, y compris la définition consensuelle des « flares », les risques infectieux et les stratégies thérapeutiques.

des études sur certaines atteintes d’organes (rein, système nerveux, erythroblastopénie) et un travail multicentrique sur VEXAS chez la femme et au travers de différentes origines ethniques.


🧩 Amylose AA et autres maladies auto‑inflammatoires rares

Nous avons participé à une revue systématique sur l’amylose AA dans les rhumatismes inflammatoires, qui rappelle l’importance du contrôle strict de l’inflammation au long cours.

Nous avons rédigé des revues de la littérature sur les actinopathies auto‑inflammatoires, l’haploinsuffisance de A20 et les maladies autoinflammatoires indifférenciées.

Nous avons publié sur l’errance diagnostique et la présentation clinique des cryopyrinopathies (CAPS) à l'âge adulte.


🧠 Programmes d’éducation thérapeutique

Nous avons poursuivi le déploiement de nos trois programmes d’éducation thérapeutique du patient dédiés à l’amylose AA, aux cryopyrinopathies (CAPS) et à la FMF. Ces programmes visent à aider les patient·es et leurs proches à mieux comprendre la maladie, les traitements, la surveillance et les signaux d’alerte. En 2025, nous avons notamment animé une séance consacrée aux CAPS lors du week‑end organisé en juillet par l’association Muckle‑Wells / CINCA, en lien étroit avec les associations de patient·es.


🎥 Webinars patients et information en ligne

Nous avons débuté une série de webinars d’information pour les patient·es et leurs proches sur la FMF et des vidéos pédagogiques sur les maladies autoinflammatires rares , l’amylose AA et le syndrome VEXAS…), disponibles en accès libre sur la chaîne YouTube de CEREMAIA Tenon : CEREMAIA Tenon – Webinars patients. Ces formats nous permettent de traduire la recherche et les recommandations en messages concrets pour le quotidien des patient·es.


Tous ces travaux ont un objectif commun :

  • mieux caractériser ces maladies rares,

  • affiner les stratégies de diagnostic et de suivi,

  • et, à terme, proposer des prises en charge plus personnalisées et plus sûres aux patient·es.


Merci aux patient·es, aux équipes soignantes, aux collègues des filières de maladies rares et aux partenaires internationaux pour leur engagement.


Pour celles et ceux qui souhaitent certains articles en détail, n’hésitez pas à nous contacter en message privé ou nous envoyer un email: ceremaia-medecine-int.tenon@aphp.fr

 
 
 
Bonne année 2026

Toute l’équipe de CEREMAIA Tenon vous adresse ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

L’année écoulée a été riche en échanges, en avancées scientifiques et en collaborations autour des maladies auto-inflammatoires, de la Fièvre Méditerranéenne Familiale, du syndrome VEXAS, de l’amylose AA et d’autres maladies rares. Elle a surtout été marquée par un engagement commun : mieux comprendre ces maladies complexes et améliorer concrètement la prise en charge des patient·es.

En 2026, nous poursuivrons cet engagement avec :

  • le développement de la recherche clinique, biologique et génétique,

  • l’élaboration et la diffusion de recommandations internationales,

  • le renforcement des programmes d’éducation thérapeutique,

  • et la poursuite d’actions d’information accessibles aux patient·es et à leurs proches.

Nous remercions chaleureusement les patient·es, les équipes soignantes, les associations, ainsi que nos partenaires nationaux et internationaux pour leur confiance et leur collaboration tout au long de l’année.


Que cette nouvelle année soit synonyme de progrès, d’espoir et de projets partagés au service des maladies rares et de l’autoinflammation.

Très belle année à toutes et à tous.

L’équipe CEREMAIA – Hôpital Tenon, AP-HP / Sorbonne Université

 
 
 
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