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CEREMAIA Tenon

En 2025, avec l’équipe du centre de référence CEREMAIA (Tenon, AP‑HP / Sorbonne Université), au sein de la filière FAI2R et du réseau européen ERN RITA, nous avons beaucoup travaillé autour :

de la Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF) et les maladies liées à la pyrine,

du syndrome de VEXAS, prototype de maladie hématoinflammatoires,

de l’amylose AA et d’autres maladies auto‑inflammatoires plus rares.


🔬 FMF et pyrine

Nous avons participé à la mise à jour des recommandations internationales de la FMF EULAR/PReS qui intègrent les progrès récents sur la résistance à la colchicine et l’utilisation des biothérapies (publication dans Annals of the Rheumatic Diseases, 2025).

Plusieurs travaux issues de la cohorte adulte de notre centre de référence se sont intéressés aux aspects suivants: carence en fer, atteinte hépatique, la maladie après 65 ans, la dose quotidienne optimale de colchicine, ainsi que la perception du traitement par colchicine selon les patient·es et les prescripteurs.

Des travaux de biologie et de génétique sur les variants du gène MEFV et les maladies liées à la pyrine, mais aussi sur le rôle d’IL‑18 comme biomarqueur de suivi et comme signature spécifique des maladies impliquant l’inflammasome pyrine.


🧬 Syndrome VEXAS

En collaboration avec le groupe français sur le VEXAS et le club MINHEMON

des revues et recommandations internationales ont été établies afin de structurer le diagnostic et la prise en charge du syndrome de VEXAS, y compris la définition consensuelle des « flares », les risques infectieux et les stratégies thérapeutiques.

des études sur certaines atteintes d’organes (rein, système nerveux, erythroblastopénie) et un travail multicentrique sur VEXAS chez la femme et au travers de différentes origines ethniques.


🧩 Amylose AA et autres maladies auto‑inflammatoires rares

Nous avons participé à une revue systématique sur l’amylose AA dans les rhumatismes inflammatoires, qui rappelle l’importance du contrôle strict de l’inflammation au long cours.

Nous avons rédigé des revues de la littérature sur les actinopathies auto‑inflammatoires, l’haploinsuffisance de A20 et les maladies autoinflammatoires indifférenciées.

Nous avons publié sur l’errance diagnostique et la présentation clinique des cryopyrinopathies (CAPS) à l'âge adulte.


🧠 Programmes d’éducation thérapeutique

Nous avons poursuivi le déploiement de nos trois programmes d’éducation thérapeutique du patient dédiés à l’amylose AA, aux cryopyrinopathies (CAPS) et à la FMF. Ces programmes visent à aider les patient·es et leurs proches à mieux comprendre la maladie, les traitements, la surveillance et les signaux d’alerte. En 2025, nous avons notamment animé une séance consacrée aux CAPS lors du week‑end organisé en juillet par l’association Muckle‑Wells / CINCA, en lien étroit avec les associations de patient·es.


🎥 Webinars patients et information en ligne

Nous avons débuté une série de webinars d’information pour les patient·es et leurs proches sur la FMF et des vidéos pédagogiques sur les maladies autoinflammatires rares , l’amylose AA et le syndrome VEXAS…), disponibles en accès libre sur la chaîne YouTube de CEREMAIA Tenon : CEREMAIA Tenon – Webinars patients. Ces formats nous permettent de traduire la recherche et les recommandations en messages concrets pour le quotidien des patient·es.


Tous ces travaux ont un objectif commun :

  • mieux caractériser ces maladies rares,

  • affiner les stratégies de diagnostic et de suivi,

  • et, à terme, proposer des prises en charge plus personnalisées et plus sûres aux patient·es.


Merci aux patient·es, aux équipes soignantes, aux collègues des filières de maladies rares et aux partenaires internationaux pour leur engagement.


Pour celles et ceux qui souhaitent certains articles en détail, n’hésitez pas à nous contacter en message privé ou nous envoyer un email: ceremaia-medecine-int.tenon@aphp.fr

 
 
 
Bonne année 2026

Toute l’équipe de CEREMAIA Tenon vous adresse ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

L’année écoulée a été riche en échanges, en avancées scientifiques et en collaborations autour des maladies auto-inflammatoires, de la Fièvre Méditerranéenne Familiale, du syndrome VEXAS, de l’amylose AA et d’autres maladies rares. Elle a surtout été marquée par un engagement commun : mieux comprendre ces maladies complexes et améliorer concrètement la prise en charge des patient·es.

En 2026, nous poursuivrons cet engagement avec :

  • le développement de la recherche clinique, biologique et génétique,

  • l’élaboration et la diffusion de recommandations internationales,

  • le renforcement des programmes d’éducation thérapeutique,

  • et la poursuite d’actions d’information accessibles aux patient·es et à leurs proches.

Nous remercions chaleureusement les patient·es, les équipes soignantes, les associations, ainsi que nos partenaires nationaux et internationaux pour leur confiance et leur collaboration tout au long de l’année.


Que cette nouvelle année soit synonyme de progrès, d’espoir et de projets partagés au service des maladies rares et de l’autoinflammation.

Très belle année à toutes et à tous.

L’équipe CEREMAIA – Hôpital Tenon, AP-HP / Sorbonne Université

 
 
 

Titre de l'article:Syndrome VEXAS comme nouveau diagnostic différentiel de la spondyloarthrite du sujet âgé

Premier auteur: Jain H

Revue: MEDITERRANEAN JOURNAL OF RHEUMATOLOGY

Auteur du résumé: Philippe Mertz


Syndrome VEXAS comme nouveau diagnostic différentiel de la spondyloarthrite du sujet âgé

Le syndrome VEXAS (Vacuoles, E1 enzyme, X-linked, Autoinflammatory, Somatic) est une maladie autoinflammatoire associée à des mutations somatiques du gène UBA1, principalement observée chez les personnes de plus de 50 ans. Ce gène code une enzyme clé du processus d'ubiquitination, dont la dysfonction entraîne l'activation de plusieurs voies inflammatoires. Les signes évocateurs du syndrome VEXAS incluent une anémie macrocytaire, des dermatoses neutrophiliques (comme le syndrome de Sweet), des atteintes pulmonaires, ophtalmologiques, des thromboses, et des manifestations rhumatologiques variées. Ces dernières se présentent souvent sous forme d'arthro-myalgies ou de mono-, oligo-, ou polyarthrites.

La spondyloarthrite du sujet âgé est une entité rare, pouvant être axiale et/ou périphérique, avec une composante inflammatoire souvent plus marquée que chez le sujet jeune. Elle impose d’éliminer certains diagnostics différentiels spécifiques, notamment les rhumatismes microcristallins, la pseudo-polyarthrite rhizomélique, l’artérite à cellules géantes, ou encore des rhumatismes paranéoplasiques.

Les auteurs rapportent le cas d’un homme de 67 ans habitant en Inde présentant une polyarthrite périphérique associée à des lombalgies chroniques d’horaire inflammatoire. Depuis un mois, des lésions cutanées avaient également été observées, et la biopsie a révélé une dermatose neutrophilique, qui a bien répondu à une corticothérapie. Le bilan rhumatologique a montré la présence de l’HLA B27, une sacro-iliite bilatérale active à l’IRM, des synovites des poignets et une bursite rétrocalcanéenne bilatérale. Le traitement initial par sulfasalazine et AINS a échoué, et l’introduction de méthotrexate à 15 mg/semaine s’est également révélée inefficace. Des explorations complémentaires ont mis en évidence une anémie macrocytaire (Hb = 8,3 g/dL, VGM = 106 fL) associée à un syndrome inflammatoire biologique (CRP = 38 mg/L). Ces anomalies ont conduit au séquençage par Sanger du gène UBA1, confirmant le diagnostic de syndrome VEXAS par la mutation p.Met41Leu. Une corticothérapie combinée à un traitement par sulfasalazine à 1 mg/jour a permis de contrôler les symptômes articulaires.


MRI of the sacroiliac joints in STIR sequence showing bilateral sacroiliitis characterised by increased signal intensity depicting bone marrow oedema in bilateral sacroiliac joints.

Deux autres cas de spondyloarthrite du sujet âgé associés au syndrome VEXAS ont été rapportés :

Homme de 57 ans habitant en France, présentant un tableau clinique similaire, incluant une polyarthrite périphérique, une sacro-iliite bilatérale, une positivité pour HLA-B27 et un syndrome inflammatoire biologique (2). Lors des premières manifestations inflammatoires à 57 ans en 2010, un traitement par anti-TNF alpha avait permis un bon contrôle initial des symptômes. Par la suite, il a développé une uvéite antérieure aiguë, des chondrites de l’oreille et du nez, une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), et une dermatose neutrophilique. Plusieurs lignes thérapeutiques ont été tentées sans succès durable, incluant le méthotrexate, l’azathioprine, la cyclophosphamide, le baricitinib, l’infliximab, le tocilizumab, l’anakinra et l’ustekinumab. Finalement, un traitement combinant des immunoglobulines intraveineuses (2 g/kg toutes les 4 semaines) et le sécukinumab (300 mg toutes les 4 semaines) a montré une efficacité. Le diagnostic de syndrome VEXAS associé à la mutation Met41Thr a été posé rétrospectivement en 2020.

Homme de 74 ans d’origine caucasienne avec antécédent de thrombose veineuse des membres inférieurs récent, présentait des lombalgies inflammatoires avec une sacro-iliite bilatérale à l’IRM, une anémie macrocytaire (Hb = 8,8 g/dL et VGM = 101 fL), mais sans syndrome inflammatoire biologique significatif (3). Par la suite, il a développé une progression de l’anémie (Hb = 8,5 g/dL et VGM = 100 fL), un purpura des membres inférieurs, un érythème noueux et une chondrite de l’oreille. Le diagnostic de syndrome VEXAS associé à la mutation Met41Thr du gène UBA1 a été posé. Après l’échec de plusieurs traitements, notamment le tocilizumab compliqué d’une diverticulite abcédée, l’azacitidine à la dose standard de 75 mg/m²/jour a permis une réduction significative de la corticothérapie (de 40 mg/jour à 5 mg/jour) et une amélioration clinique des symptômes.

Les manifestations du syndrome VEXAS sont variées et encore mal définies. Il semble être un des nouveaux diagnostics différentiels à envisager en cas de spondyloarthrite du sujet âgé, notamment à partir de 50 ans vu l’âge de survenue du syndrome VEXAS et en particulier en présence d’un syndrome inflammatoire biologique, d’anomalies hématologiques avec anémie en particulier macrocytaire associées ou d’autres atteintes évocatrices comme une dermatose neutrophilique. Des antécédents atypiques ou l’apparition de nouveaux symptômes extra-rhumatologiques, tels que des thromboses veineuses, des dermatoses inflammatoires (notamment neutrophiliques), des chondrites ou des atteintes pulmonaires, doivent également orienter vers ce diagnostic. De plus, une résistance au traitement initial par AINS peut constituer un signal d’alerte, d’autant que les anomalies hématologiques associées au syndrome VEXAS peuvent apparaître secondairement.

REFERENCES

Jain H, Roy D, Mavidi S, Haldar S, Mondal S, Bhattacharya P, et al. Elderly Onset Spondyloarthropathy and VEXAS Syndrome: A Case Report. Mediterr J Rheumatol. 2024 Sep;35(3):490–3.

Magnol M, Couvaras L, Degboé Y, Delabesse E, Bulai-Livideanu C, Ruyssen-Witrand A, et al. VEXAS syndrome in a patient with previous spondyloarthritis with a favourable response to intravenous immunoglobulin and anti-IL17 therapy. Rheumatology (Oxford). 2021 Sep 1;60(9):e314–5.

Pereira da Costa R, Sapinho G, Bandeira M, Infante J, Marques T, Mimoso Santos C, et al. Case report: VEXAS syndrome: an atypical indolent presentation as sacroiliitis with molecular response to azacitidine. Front Immunol. 2024;15:1403808.



 
 
 
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