Journal : La Revue de médecine interne
Premier auteur : Pierre Quartier
Pays de réalisation : France
Auteur(s) CEREMAIA Tenon : Sophie Georgin-Lavialle
Référence : Quartier P, Belot A, Breton S, Carbasse A, Devauchelle V, Fautrel B, Georgin-Lavialle S, Jurquet A-L, Koné-Paut I, Lemelle I, Meinzer U, Melki I, Pillet P, Reumaux H, Rossi-Semerano L, Uettwiller F, et collaborateurs. French protocol for the diagnosis and management of juvenile idiopathic arthritis including pediatric-onset Still’s disease / Protocole national de diagnostic et de soins pour l’arthrite juvénile. La Revue de médecine interne. 2025;46:449–481.
DOI : https://doi.org/10.1016/j.revmed.2025.06.001

5 points clés:
L’arthrite juvénile idiopathique débute avant 16 ans et provoque une inflammation articulaire durant au moins 6 semaines sans autre cause identifiée.
Un diagnostic rapide par un rhumatologue pédiatre est essentiel pour limiter les douleurs, les complications articulaires et les examens inutiles.
Certaines formes nécessitent un dépistage régulier de l’uvéite, une inflammation de l’œil parfois silencieuse mais potentiellement grave.
La stratégie de prise en charge vise une maladie inactive ou une rémission grâce à des traitements adaptés et réévalués régulièrement.
La forme systémique, appelée aussi maladie de Still à début pédiatrique, peut être sévère et nécessite une prise en charge rapide en centre expert.
Introduction:
L’arthrite juvénile idiopathique, ou AJI, est la principale maladie rhumatismale inflammatoire chronique de l’enfant. Elle apparaît avant l’âge de 16 ans et se manifeste par une ou plusieurs articulations gonflées, douloureuses ou raides, surtout le matin ou la nuit. En France, environ 5 000 enfants de moins de 16 ans seraient concernés.
Méthodes:
Cet article est un Protocole national de diagnostic et de soins. Il rassemble les recommandations françaises actualisées pour aider les professionnels de santé à diagnostiquer, traiter et suivre les enfants atteints d’AJI, y compris la forme systémique appelée maladie de Still à début pédiatrique.
Résultats:
L’AJI regroupe plusieurs formes : oligoarthrite, polyarthrite, formes avec enthésite, formes associées au psoriasis, formes indifférenciées et forme systémique. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, l’évolution des symptômes, les analyses de sang, l’imagerie si nécessaire et l’élimination d’autres causes comme une infection. Les enfants doivent aussi bénéficier d’un suivi ophtalmologique, car certaines formes peuvent provoquer une uvéite, inflammation de l’œil qui peut être silencieuse. Les traitements incluent les anti-inflammatoires, les infiltrations articulaires, le méthotrexate, les biothérapies et, dans certains cas, les inhibiteurs de JAK. Pour la maladie de Still pédiatrique, les traitements ciblant l’interleukine-1 ou l’interleukine-6 peuvent être utilisés tôt.
Discussion:
L’article insiste sur une stratégie dite « treat-to-target », c’est-à-dire traiter avec un objectif précis : contrôler rapidement l’inflammation, éviter les séquelles et obtenir si possible une maladie inactive ou une rémission. La prise en charge doit être multidisciplinaire : rhumatologue pédiatre, médecin traitant, ophtalmologue, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychologue, infirmier, école et famille. L’éducation thérapeutique aide l’enfant et ses parents à comprendre la maladie, reconnaître les poussées, gérer les traitements et maintenir une vie aussi normale que possible.
Conclusion:
L’AJI nécessite un diagnostic précoce, un suivi régulier et une coordination entre les familles et les équipes expertes. Les progrès des traitements permettent aujourd’hui de mieux contrôler l’inflammation, de réduire les complications et d’améliorer la qualité de vie des enfants.
