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Mieux comprendre et regrouper les maladies auto-inflammatoires systémiques d’origine indéterminée

Titre de l’article : Unsupervised clustering of undifferentiated systemic autoinflammatory diseases (USAID)

Premier auteur : Jeanne Chauffier

Revue : European Journal of Internal Medicine

Lien vers l’article : https://doi.org/10.1016/j.ejim.2026.107224 ⁠

Auteur du résumé : Jeanne Chauffier.


Le résumé:

Contexte :

Les maladies auto-inflammatoires systémiques indifférenciées (USAID) constituent un groupe hétérogène de pathologies caractérisées par une inflammation systémique récurrente, sans cause monogénique identifiable.


Objectif :

Décrire les caractéristiques phénotypiques et thérapeutiques des patients adultes atteints d’USAID et identifier des groupes phénotypiques distincts.


Méthodes :

Nous avons mené une étude rétrospective monocentrique au Centre de référence français des maladies auto-inflammatoires entre 2010 et 2025. Les patients avec USAID étaient définis par la survenue récurrente de poussées inflammatoires systémiques, avec au moins trois élévations documentées de la protéine C-réactive (CRP) et l’absence de variant pathogène identifié. La réponse thérapeutique était classée comme complète (RC) ou partielle (RP). Une analyse de classification hiérarchique non supervisée a été réalisée intégrant des variables cliniques et biologiques a été réalisée.


Résultats :

Parmi les 150 patients inclus (65,3 % de femmes ; âge médian au début des symptômes de 14 ans [0–64]), 87,3 % présentaient une évolution par poussées récurrentes. Les manifestations les plus fréquentes étaient cutanées (87,3 %), fébriles (84 %), une asthénie (80 %), des atteintes musculosquelettiques (79,3 %) et abdominales (63,3 %).

La colchicine avait été prescrite chez 56,7 % des patients (RC : 8,2 % ; RP : 44,7 %). Les biothérapies utilisées comprenaient les anti-TNFα (n = 32 ; RC : 21,9 % ; RP : 31,3 %), les anti-IL-1 (n = 24 ; RC : 25 % ; RP : 16,7 %), les anti-IL-6 (n = 22 ; RC : 31,8 % ; RP : 31,8 %) et les inhibiteurs de JAK (n = 16 ; RC : 18,8 % ; RP : 37,5 %).

Quatre groupes phénotypiques ont été identifiés :

  • Groupe 1 (15,3 %) : fièvre, aphtose, pharyngite, douleurs abdominales et adénopathies.

  • Groupe 2 (27,3 %) : poussées de courte durée, urticaire fréquente et douleurs abdominales.

  • Groupe 3 (18,7 %) : poussées prolongées, avec une prédominance d’arthralgies, d’arthrites et de myalgies.

  • Groupe 4 (38 %) : prédominance masculine, âge plus élevé au début de la maladie et fréquence importante des dermatoses neutrophiliques.

Les réponses thérapeutiques ne différaient pas significativement entre les groupes.


Conclusion :

Les patients adultes atteints de maladies auto-inflammatoires systémiques indifférenciées peuvent être répartis en quatre groupes phénotypiques distincts. Cette stratification phénotypique pourrait contribuer à structurer la démarche diagnostique et à orienter les futures recherches thérapeutiques.


 


 
 
 

Premier auteur : Rim Bourguiba

Pays de réalisation : France et Tunisie

Auteur(s) CEREMAIA Tenon : Marion Delplanque, Catherine Grandpeix-Guyodo, Léa Savey, Sophie Georgin-Lavialle

Journal : Clinics and Research in Hepatology and Gastroenterology

Référence : Bourguiba R, Delplanque M, Grandpeix-Guyodo C, Boursier G, Savey L, Cuisset L, Georgin-Lavialle S. When to suspect monogenic autoinflammatory diseases in patients with digestive symptoms? Clinics and Research in Hepatology and Gastroenterology. 2026;50:102820.

DOI : https://doi.org/10.1016/j.clinre.2026.102820


Quand suspecter une maladie auto-inflammatoire monogénique devant des symptômes digestifs ?

5 points clés

  • Certaines maladies auto-inflammatoires rares peuvent provoquer des douleurs abdominales, des diarrhées, une inflammation digestive ou mimer une maladie inflammatoire chronique de l’intestin.

  • La fièvre méditerranéenne familiale est la maladie auto-inflammatoire monogénique la plus fréquente et doit être évoquée en cas de douleurs abdominales inflammatoires répétées, surtout chez les personnes d’origine méditerranéenne.

  • Des signes associés comme fièvre récurrente, aphtes, éruptions cutanées, douleurs articulaires, anémie macrocytaire ou antécédents familiaux doivent faire rechercher une cause auto-inflammatoire.

  • Le diagnostic repose sur l’analyse clinique, les marqueurs d’inflammation, parfois le dosage de l’IL-18, et les tests génétiques adaptés.

  • Un diagnostic plus précoce permet d’éviter les errances diagnostiques, d’adapter les traitements et de prévenir certaines complications comme l’amylose AA.


Introduction:

Les maladies auto-inflammatoires systémiques sont des maladies rares liées à un dérèglement de l’immunité innée, c’est-à-dire la première ligne de défense de l’organisme. Elles peuvent provoquer des poussées d’inflammation avec fièvre, douleurs, atteintes de la peau, des articulations ou du tube digestif. Chez certains patients, les symptômes digestifs sont au premier plan et peuvent faire penser à une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, comme la maladie de Crohn.


Méthodes:

Cet article est une revue narrative de la littérature. Les auteurs présentent les principales maladies auto-inflammatoires monogéniques pouvant donner des symptômes digestifs et proposent des situations dans lesquelles les gastroentérologues doivent y penser.


Résultats:

Plusieurs maladies peuvent entraîner des douleurs abdominales, de la diarrhée, une colite, des ulcérations digestives ou une inflammation ressemblant à une maladie de Crohn. La fièvre méditerranéenne familiale est la plus fréquente, notamment chez les personnes d’origine méditerranéenne. D’autres maladies sont décrites, comme TRAPS, le déficit en mévalonate kinase, les cryopyrinopathies, le syndrome VEXAS, l’haploinsuffisance de A20, les maladies liées à RIPK1, RELA, NFKB1, JAK1, STAT, PSTPIP1, ADA2, LACC1, XIAP ou PLCG2. Certains signes doivent alerter : fièvre répétée, inflammation biologique inexpliquée, aphtes, éruptions cutanées, douleurs articulaires, antécédents familiaux, origine méditerranéenne, anémie macrocytaire ou résistance aux traitements habituels des maladies digestives inflammatoires.


Discussion

L’article insiste sur l’importance de ne pas attribuer trop vite tous les symptômes à une maladie digestive classique. Une maladie auto-inflammatoire peut mimer une maladie inflammatoire de l’intestin, y être associée, ou être révélée par des signes digestifs inhabituels. Les examens utiles peuvent inclure les marqueurs d’inflammation, l’endoscopie, certains biomarqueurs comme l’IL-18, et surtout des analyses génétiques adaptées, discutées avec des centres experts.


Conclusion

Devant des symptômes digestifs inflammatoires inexpliqués, récidivants ou résistants aux traitements habituels, il faut penser aux maladies auto-inflammatoires rares. Un diagnostic précoce permet une prise en charge plus adaptée, souvent avec des traitements ciblant l’inflammation, et peut prévenir des complications comme l’amylose AA.


 
 
 
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