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Titre en français : Prenons-nous suffisamment en considération la présence de facteurs déclenchants dans l’évaluation des patients atteints de FMF ? Les facteurs déclenchants sont très fréquents chez les patients résistants à la colchicine.

Premier auteur : Bayram Farisogullari

Revue : Internal and Emergency Medicine


La Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF)






















Introduction :

L'objectif de cette étude était d'étudier la fréquence des facteurs déclenchants chez les patients atteints de Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF) résistants à la colchicine et chez les patients répondeurs à la colchicine, puis de s’intéresser à l'impact des traitements par antagonistes de l’interleukine‑1 (IL‑1) sur les facteurs déclenchants chez les patients résistants à la colchicine.


Patients et méthodes :

Les patients FMF résistants à la colchicine (traités par antagoniste de l'IL‑1) et les patients répondeurs à la colchicine (traités par colchicine et ayant eu ≤ 3 crises au cours de l'année écoulée) ont été interrogés sur la présence de 12 facteurs déclenchants différents : exposition au froid, stress émotionnel, fatigue, activité physique intense, menstruations (pour les femmes), manque de sommeil, station debout prolongée, voyages de longue durée, alimentation riche en graisses, jeûne prolongé, infections et traumatismes. Les patients résistants à la colchicine ont été interrogés pour deux périodes, avant et après le traitement par antagonistes de l'IL‑1.


Résultats :

Un total de 63 patients a été étudié, dont 28 résistants à la colchicine (19 sous anakinra et 9 sous canakinumab) et 35 répondeurs à la colchicine. La moitié seulement présentaient deux mutations pathogènes de l’exon 10 du gène MEFV (cf. tableau 1). Globalement, 77,8 % des patients avaient au moins un facteur déclenchant et le nombre moyen était de 2,6. Les principaux facteurs déclenchants, par ordre décroissant, étaient le stress émotionnel, les menstruations, l’exposition au froid, la station debout prolongée et les longs trajets. Les facteurs déclenchants étaient à l’origine d’environ un tiers des crises et 57,1 % des patients déclaraient utiliser des mesures d’évitement. La fréquence des facteurs déclenchants était plus élevée chez les résistants à la colchicine que chez les répondeurs (89,3 % vs 68,6 % ; p = 0,04). Chez les résistants à la colchicine, la fréquence des facteurs déclenchants passait de 89,3 % à 32,1 % sous anti‑IL‑1, et la proportion de crises initiées par un facteur déclenchant de 27,8 % à 14,4 % (p < 0,001) (cf. tableau 2).


Discussion :

Les facteurs déclenchants étaient plus fréquents chez les patients résistants à la colchicine que chez les répondeurs. Le traitement par antagonistes de l’IL‑1 semblait réduire le nombre de facteurs déclenchants ainsi que la part des crises induites par ces facteurs.


Conclusion :

Les facteurs déclenchants sont fréquents dans la FMF et doivent être recherchés, notamment en cas d’apparition d’une résistance à la colchicine. Les anti‑IL‑1 diminuent leur impact et peuvent être utiles au long cours ou en prévention lors d’expositions prévisibles.


Figure 01
Figure 02

 
 
 

Titre de l'article: Performance of serum interleukin-18 (IL-18) levels for the follow-up of patients with Familial Mediterranean Fever.

Premier auteur : Inès Elhani

Revue : The Journal of Allergy and Clinical Immunology: In Practice (JACIP)

Article traduit par le Dr Catherine Grandpeix-Guyodo


Performance du taux d’interleukine 18 (IL-18) sérique pour la surveillance des patients atteints de Fièvre Méditerranéenne Familiale















Introduction:

L’activation de l’inflammasome dans la Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF) est à l’origine d’une sécrétion accrue d’interleukine (IL)-1β et d’IL-18. La surveillance de l’activité de la FMF est fondamentale du fait du risque d’amylose AA en cas d’inflammation prolongée et se fait classiquement grâce à la CRP et la SAA (protéine sérum amyloïde A), leurs valeurs pouvant être dissociées. Cette étude s’est intéressée à la possibilité de suivi de l’activité des FMF grâce au dosage de l’IL-18 totale sanguine.


Patients et méthodes:

Cette étude monocentrique, rétrospective portait sur des patients FMF adultes ayant eu au moins un dosage d’IL-18 totale sanguine au cours de leur suivi entre 2022 et 2024. Les données recueillies étaient le statut mutationnel du gène *MEFV*, les valeurs de CRP et SAA, l’activité de la maladie (considérée comme contrôlée si moins de 2 poussées par an / non contrôlée si à partir de 2 poussées par an) et enfin le ou les dosages d’IL-18 totale réalisés lors de consultations de suivi (soins courants).


Résultats:

Parmi 208 patients prélevés, la moitié avaient une FMF contrôlée, et un total de 308 dosages d’IL-18 étaient analysables avec une médiane de mesure à 922,25 pg/mL (N < 350 pg/mL). Parmi les patients dont la FMF était contrôlée, les taux d’IL-18 étaient significativement plus élevés chez les patients homozygotes par rapport aux hétérozygotes composites et hétérozygotes.


Certains patients ont eu des dosages d’IL-18 lorsque la FMF était inactive et active, et les taux ne montraient pas de différence significative.


Les taux d’IL-18 n’étaient pas significativement différents chez les patients traités par anti-IL-1.


Des dosages > 7 000 pg/mL concernaient 16 patients qui avaient un problème d’observance de leur traitement par colchicine et des posologies plutôt basses (< 2 mg).


Discussion:

Les taux d’IL-18 totale sanguine semblent corrélés au génotype mais pas à l’activité de la maladie. La persistance de taux élevés d’IL-18 chez les patients asymptomatiques pourrait suggérer une activité à bas bruit de l’inflammasome pyrine. Des taux très élevés peuvent montrer que les patients sont sous-traités mais la signification du taux d’IL-18 en termes de risque d’amylose reste à déterminer si le taux de SAA est normal.


Les limites de cette étude sont le peu de prélèvements par patient (en général 1), le caractère rétrospectif et l’absence d’évaluation par un score d’activité de la maladie lors du prélèvement.


Conclusion:

Le suivi du taux sanguin d’IL-18 totale a un rôle qui reste à définir puisqu’il ne semble pas refléter ni l’état inflammatoire immédiat du patient ni l’activité de la FMF. Son intérêt pourrait résider dans la détection d’une activité inflammatoire infra-clinique et l’évaluation de l’adhérence au traitement. Des études prospectives sur de grandes cohortes seront nécessaires pour approfondir son utilité dans la FMF.


Figure 1. Median IL-18/patient levels according to genotype in patients with familial Mediterranean fever.

 
 
 

Titre de l'article: Utilisation des antagonistes de l’interleukine-1 chez les hommes atteints de fièvre méditerranéenne familiale et d’infertilité : Série de cas.

Premier auteur : Bugra Egeli

Revue: Archives of rheumatology

Résumé Par: Dr. Catherine Grandpeix-Guyodo


Anti-IL-1 et infertilité masculine au cours de la FMF : deux cas réversibles

Introduction :

Le traitement principal de la fièvre méditerranéenne familiale (FMF) est la colchicine. Les inhibiteurs de l’interleukine-1 (IL-1) sont utilisés en cas de résistance à la colchicine dans la FMF.

Des troubles de la fertilité avec azoospermie ou oligospermie ont été décrits au cours de la FMF ; la responsabilité est souvent attribuée à la colchicine mais pourrait être liée à l’inflammation chronique induite par la FMF.

Patients et méthodes : Cet article rapporte les cas de 2 hommes suivis pour une FMF et souffrant d’infertilité qui ont réussi à concevoir des embryons in vitro après arrêt de la colchicine et mise en route d’un traitement par inhibiteurs de l’IL-1.

Résultats :

Cas N°1 : Un homme de 38 ans atteint de FMF, avec mutation M69V homozygote de MEFV, traité par 2 mg de colchicine/j était en échec de procréation depuis 15 ans malgré 5 FIV et l’arrêt de la colchicine après les 2 premières FIV. L’analyse de sperme était macroscopiquement normale, avec un nombre de spermatozoïdes normal mais une mobilité diminuée. Un traitement par anakinra (IL-1 RA) a été débuté permettant d’obtenir une analyse de sperme satisfaisante après 4 mois et l’obtention de 2 embryons génétiquement normaux compatibles avec un transfert.


Cas N°2 : Un homme de 33 ans souffrant de FMF, avec une mutation hétérozygote M694V de MEFV, traité par colchicine depuis 14 ans, présentait une infertilité avec azoospermie. L’échec d’une 1ère FIV sous colchicine a motivé son arrêt et la prescription de Canakinumab. Les spermogrammes successifs ont montré une amélioration progressive de la mobilité des spermatozoïdes qui a permis lors de la 5ème FIV, la conception d’un enfant.

Discussion :

Ces deux cas montrent une réversibilité de l’infertilité sous inhibiteurs de l’IL-1 au cours de la FMF chez 2 hommes : L’introduction d’ anti-IL1 à la place de la colchicine a permis l’amélioration de la qualité du sperme dans les 2 cas.

La résistance à la colchicine est suggérée comme facteur prédictif d’infertilité chez les patients FMF, laissant penser qu’un meilleur contrôle de l’inflammation puisse l’améliorer.

Conclusion :

L’infertilité chez les hommes atteints de FMF pourrait être réversible et les anti-IL1 pourraient devenir le traitement de choix chez les hommes FMF ayant des troubles de la fertilité.

 
 
 
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